Julien Tatham
- artiste peintre & vidéaste –
né en 1972 en Alençon en France, il travaille aujourd’hui en Belgique.
Dans les années 1990, c’est en voyant Stalker d’Andreï Tarkovski et Faces de John Cassavetes que sa pratique artistique prend naissance. Après avoir suivi un atelier audiovisuel, Julien Tatham rentre à l’université des arts et travaille sur des installations contemporaines dans le cadre d’expositions collectives (Local Héros à Rennes organisé par la Criée, la Galerie art et essai et la Galerie du Cloître en 1996) ou personnelles. En incluant art vidéo, mise en espace, travaux photos et picturaux, il travaille sur l’identité, l’ironie, le faux, la pornographie quotidienne…
Il continuera ces recherches en travaillant ensuite sur l’idée de factices vidéos intimes, mettant en scène sa réalité. il détournera ses histoires personnelles (amour, rencontres, soirées…) pour en faire un journal intime vidéo fictif. Il intègre ensuite l’UFR arts du spectacle et apprend des théoriciens du cinéma et l’histoire. Après une maîtrise sur Pier Paolo Pasolini (réalisation du film Qui je suis co-réalisé avec Benoit Sicat), sur Paris il sera assistant sur des tournages de film, la direction d’acteur deviendra un élément de ses recherches. Il prendra alors plusieurs cours de comédie pour se mettre dans la peau d’un acteur afin de comprendre leur travail. Toute une palette d’action lui ouvrira alors des voies pour amener un acteur à interpréter ses créations. Quelques années plus tard, il donnera des ateliers de jeu devant la caméra.
Il se penche de même sur la création graphique multimédia. C’est aussi à cette époque qu’il se concentre sur son travail d’écriture : poèmes et premier roman « de deux choses l’une ». L’ensemble de ces écrits reprennent ses obsessions et questionnent la place de l’artiste dans la société. Ses thèmes d’écriture sont alors variés, abordant la sexualité, l’amour, la solitude, le chômage et l’anonymat.
Puis, de retour à la réalisation, il réalisera de manière totalement indépendante ses propres films en commençant par Centrum. Centrum a été filmé à partir d’une expérience réelle qui l’a amené avec le musicien Mathieu Mirol aux frontières de la réalité.
Il décidera alors de tourner ses films en total indépendance, avec aucun moyen de production et avec le matériel du bord. La plupart seront généralement tournés dans sa sphère privée. Il tourne Tribute, un hommage à PJ Harvey. Le rock et la musique expérimentale font parties intégrantes de son travail. Il en sera de même pour Erotidien, un poème érotique tourné en hommage à Shannon Wright et Yann Tiersen. La musique pop française avec des représentants comme Dominique A, Miossec, accompagnent ses recherches. Ayant vécu à Rennes, ville rock, il est influencé par ces artistes qui écrivent autour du quotidien et de l’intimité. Le premier album de Dominique A, enregistré dans sa salle de bain : La Fossette aura une grande influence sur sa pratique (d’où cet hommage sur l’ébauche du film : Comment c’était déjà ?, chanson de Dominique A.). Erotidien est un regard sur une femme qui se réveille, action quotidienne… une ouverture au décalage. Montrer la simplicité pour (se) dégager d’une répétition. La représentation et l’interprétation dans l’art, et la démarche de l’artiste d’extraire.
Leaving se nichera, sous la forme du déplacement, dans cette frontière entre réalité et fiction. Une fin d’histoire d’amour, un départ ou une arrivée.
Puis l’obsession musicale, le rythme, le son, le montage l’emmène dans des expériences où la narration n’existe que par la pure subjectivité, l’esprit et ses détours sont les principaux fils conducteurs d’Escaping Trip et de Death Kiss…). Le scénario, écrit au montage dépend de l’instant, il est dicté par la musique après avoir été éjecté de la folie d’un esprit (le personnage qui raconte). Sonic Youth devient un groupe d’influence essentiel dans son travail.
Continuant sa pratique artistique plastique (installations, peintures…) l’art vidéo ne cesse de s’intégrer dans ses recherches. A l’occasion de l’exposition Interférence (en collaboration avec le musicien Mathieu Mirol) il montrera des œuvres picturales et la vidéo-art : Crossing Moments. Ce film est un voyage et un montage d’échos entre différents pays d’Europe, comme des liens distants, la narration dépend des images recueillies, un archivage d’instants x pour dresser une abscisse autre. Le film est donc montré dans ce cadre, les spectateurs piochent au grès de leur passage un instant sonore et visuel pour emporter avec eux un sédiment émotionnel.
Il réalise ensuite à nouveau avec Mathieu Mirol : Lydia, 15 ans. Ce film est à la base un triptyque commandé par la célèbre discothèque parisienne : les bains douches, mettant en place deux photographies et sur un troisième panneau : le film projeté. Partant du support du carrelage des bains douches (la douche et la salle de bain sont souvent au centre de ses décors filmiques et scéniques), il raconte l’histoire d’une adolescente qui «chat» sur le net. Elle envoie des messages liés à son mal-être et Julien interprète l’univers musical de la jeune fille pour influer sur le montage. Ce film sera sélectionné au festival de films expérimentaux de Detmold devenant une œuvre à part entière. Mathieu Mirol jouera live la musique sur le film monté.
Pornem est un hommage à Lydia Lunch, qu’il a rencontré. Suite à la discussion qu’ils ont eu et en sortant d’une de ses performances mêlant ces spoken words, il lui écrit ce poème vidéo.

Copyright Joanne Tatham 2009
Julien travaille aujourd’hui en tant qu’artiste interprète vidéaste live: pouvoir raconter une histoire en live en fonction du son et des autres arts qui l’accompagnent (danse, peinture…).
Il a réalisé Because we don’t know this place en 2009 (dans le cadre du festival pluridisciplinaire les plans d’avril) avec comme interprète danseuse Émilie Carayol ou encore collaboré avec Cédric Folliot sur Burning Miles, un set avec les images de son voyage autour du monde.
Installé actuellement sur Bruxelles, il travaille avec Mathieu Mirol sur la nouvelle version de Because we don’t know this place… we are going there et viennent de réaliser le court métrage F.U.N. (en montage) avec comme interprète Joanne Tatham.
Voir son travail de peintre.









