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Civet Brûlé

By Julien Tatham 30 November 2007 Post a comment
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copyright-Tatham-2007

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Elle est devant moi, comme toujours d’ailleurs.
J’en suis encore – étonnement et à noter au passage – à la suivre où nous nous rendons.
Ce n’est pas un passage enivrant qui s’ouvre à nous, non je vous rassure, c’est simplement le pas de la porte de chez ses parents.

Je m’y suis résolu : oui, je vais les rencontrer.

Je suis contre.
Mais là, j’y suis…

Bonjour madame, bonjour monsieur…
Ce que je fais dans la vie ? Chié, je ne me le suis jamais demandé, que répondre ?
Et bien : rien pour vous résumer ce que vous penserez probablement.
Rien.
Ah bon ?
Ah non : ah mauvais, vous voulez dire ?
Bref… à table !
Merde, je les trouble, on a sauté l’apéritif (on dit l’apéro chez moi)… je vais avoir le droit à un : « Tu vas voir c’est bon signe… Tu comprends, c’est que… (chut, on la connaît déjà la suite) ».
On la connaît trop bien et on ne pensait jamais que ça existait vraiment. Tu sais, cette espèce de gêne ambiante, normale et rassurante d’ailleurs à leurs yeux, où rien ne se dit et où ça pue franchement le sale dimanche.
On mange et on n’entend que des bruits de bouches.
C’est dégueulasse !
Et en plus t’es gêné… du coup – fou ! – catalogué timide, et parfois même touchant selon les dire de « bonne maman » alors que cette gêne-là est odieuse, ils le sauraient s’ils entendaient, mais ça ne risque rien ils sont trop « gentils », c’est celle d’une gêne pour celle que l’on chérit…
Car oui, chérie, je ne suis finalement pas amoureux de toi.
Alors pourquoi je reste avec toi ?
Bonne question.
Je ne sais pas… « comme toujours » tu me diras, et je sais bien que ça te fait penser pour sûre au moment d’angoisse quand je n’arrive pas à me décider entre des Yoplait et des Danone, mais je souhaiterai tout de même (car je le souhaite encore) te répondre en te parlant d’expérience de la différence, de happening du contraire.
Tu me trouveras dégueulasse, mais désormais - triste vie - je pourrai contre-attaquer - peste, tu adores - en te remémorant ce dimanche actuel, vide, que je suis en train de vivre.
Oui, je suis derrière elle.
Mais je voudrai enfin te faire comprendre que je ne suis pas en guerre contre toi.
Mais vraiment loin de moi cette idée, car pire même : je t’aime.
Je sais, tu vas me noter qu’il y a quelques lignes – au dessus – je te parlais de chérir, mais putain ce ne sont que des mots et laisse-moi donc t’aimer autant que tu me dégoûtes… s’il te plaît, mon amour.

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