Reflecting Story

entité

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un roman, sa vie n’avait jamais été qu’un roman.
il ou elle n’avait jamais connu de vérité.
Il ou elle, car elle ne connaissait pas son sexe, n’ayant jamais vraiment bien su… jusque là.
Une entité. Il n’était qu’une entité.
Un être vivant mais vide, un fantôme qui respire. Un personnage qui tous les matins va travailler, qui se réveille et s’aperçoit que l’oxygène est son plus fidèle partenaire.
Il est seul, oh il a bien vécu avec d’autres entités mais elle s’est vite aperçue que ces autres ne seraient que des compagnons de route, une addition, une formule loin d’être magique.
Sans sexe, il n’a jamais vraiment connu de rapports intimes, la mécanique de la chaire est si évidente. Et elle savait qu’il séduit.
Sa vie, hier, il la voulait réalité.
Elle aimerait enfin pouvoir avoir un nom et une histoire pour qu’enfin il connaisse le grand monde. celui-là. sans communes mesures. celui qui éclaire ses matinées et adoucie ses soirées.
il aime elle
elle aime lui
ce n’est pas un miroir, c’est un espace profond, sans surfaces, que l’on peut traverser et subjuguer. un lieu dans la vie, pas un celui qu’on imagine. non un réel qui tient dans un regard. ce regard. cet échange. cette complicité entre ces deux là. ce regard qui peut être fixe, croisé, long, bref mais qui écrit cent milles lignes pour la même histoire. ce regard fécond qui fait naître la force du trois, du nouveau venue pleurer aux bonheurs de la vue de l’œil épris. ces yeux qui se regardent et se donnent tout. ces yeux qui ont confiance dans leurs silences, ses yeux qui parlent plus que cent discours, ces yeux qui donnent l’ultime sens de s’être ouvert, ces yeux qui s’embrassent dans les paupières de l’autre, ces yeux qui s’aiment confinés dans la plume si douce de leur peau. un regard où sommeille une multitude de lits, des couches d’amour, des draps de je t’aime, des mousses d’infini.
comme je t’aime.
oui comme je t’aime toi qui voudra bien nous voir et ne jamais éviter nos regards,
comme je t’aime toi qui est notre espoir d’enfin pouvoir être toi parce que je suis là,
comme je t’aime brute réalité d’une poésie anodine qui éclaire d’éclat le fait d’être simplement là avec toi, pour toi et pour moi…
oui je t’aime car je crois en toi et je ne suis plus peureux de tes départs successifs,
je t’aime car je sais que tu es même si je ne suis pas encore sûre de ton nom… pourtant.
oui pourtant ma plume est chaude et aimerait tant enfin te graver en te dessinant dans ma coeur.

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