festival de cinéma en Allemagne (suite)
(à l’occasion de la présentation de mon film Lydia, 15 ans)
Il faut être fort et sûr.
Plonger dans “l’irratiable” vérité, celle du doute qui est en nous, la source de ces images. Ne pas s’inquiéter de n’avoir aucun reflet, être informel, ne pas raconter une histoire mais la décomposer en guise de narration.
Trop d’images mâchent la réception du spectre acteur. On les vide pour provoquer en eux des sentiments facilement lisibles. On leur sert des films faciles d’accès pour les conforter dans le déjà-vu. Après ils sortent de la salle satisfait, comme après avoir avalé un mac-chicken. Une sensation d’avoir bouffé mais qui s’échappe quelques minutes après.
Non, peut-être qu’il faut que ça reste un peu sur l’estomac, le temps de construire une matière mentale. La vision du film a du goût, sa digestion : de la résistance.
De toute façon, bien rares sont les supports, je parle de ceux qui nous aident pour vraiment donné sans tout de suite penser à gagner. Remboursé, défrayé de quoi réitéré, n’est ce pas suffisant ? Un film sert-il à construire des buildings ? Ne serait-il pas plus efficace s’il s’attaquait plutôt aux fondations ?
Filmer l’art réalité.
Ce qui nous entoure nous fait bien trop souvent tourner de l’œil, le vertige de l’abus de pouvoir, l’équilibre financier qui détruit notre harmonie intérieure. Vider pour mieux profiter. Il faut montrer tout ça et transformer pour l’emmener ailleurs.










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