hôte, son autre
avoir du mal à trouver sa place. C’est étrange comme réflexion.
Comme si l’on devait se compartimenter, cela doit être ça : la sociabilité. Être situable. Se greffer parmi les autres, véhiculer de la présence en restant toutefois quelque peu absent pour se protéger. Se protéger de quoi ? De ce que l’on pense vraiment je suppose.
C’est autre chose que d’être jugé par ses silences (surtout lorsque l’on est hérité de la timidité).
La maturité me porte à effacer les mots qui ne m’intéressent plus. Et l’on se retrouve alors avec d’autres, mal à l’aise, car vous n’avez pas envie d’échanger ou en tous cas sur ces sujets.
Et si l’on décide d’ôter le “je” rassurant comme principe discursif, ô surprise les dialogues ne trouvent plus de racines. Alors ces temps-ci je m’y emploie, traquant mon “je” devenue “ma” proie à effacer et finalement le “je” se retrouve en écoute. N’est ce pas d’ailleurs la meilleur façon d’échanger, de partager, qu’être absent à l’attention de l’autre ?
Et ayant posé cet absence de repère dialogué, on s’aperçoit que l’interlocuteur est déstabilisé et très rapidement juge et pose hâtivement ses conclusions. Le sommet de son jugement servant évidemment avant tout à relever sa propre image, souvent bien commune, mais surtout à la porter au dessus de la mienne. Le rapport de force dans le brouhaha : un monologue inquiétant.
Alors en soirée c’est la smala du paraître, l’apparence en société avec ses rôles titres : le comique, le sot, l’instruit, le dirigeant, la féminine, l’artiste, le sûre de lui… mais voilà c’est bien souvent un rôle de composition et face à face, miroir révélateur, les rideaux finissent par tomber pour ne laisser transparaître qu’une image… une de celle à nouveau inquiétante.
Non,
je n’assumerai plus jamais que l’on m’assomme et cultiverai désormais le silence.










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