Je suis fasciné par les musées d’histoire naturelle.
C’est un intérêt qui dépasse les collections elles-mêmes. Ce qui m’attire, c’est aussi le musée en tant que forme, la manière dont les choses sont classées, conservées, montrées.
Les échantillons épinglés.
Les fossiles.
Les vitrines.
Les séries d’objets qui semblent tenter d’organiser le vivant, le temps ou la disparition.
Il y a quelque chose de très inspirant dans cette façon d’archiver le monde. Dans ces accumulations parfois étranges, proches du cabinet de curiosités, où la science rencontre presque une forme de narration visuelle.
J’aime aussi les lieux eux-mêmes : le parquet qui craque, la lumière sur les vitrines, les salles peu fréquentées.
Une certaine lenteur.
Ce sont des espaces qui obligent à regarder autrement.
Rester devant un fossile, par exemple, produit une sensation déroutante. Ce n’est pas seulement observer un objet ancien, mais c’est faire face à une trace réelle du temps. Une présence matérielle venue de plusieurs milliers, parfois millions d’années.
On pense à la disparition des espèces, aux transformations du vivant, au caractère provisoire de toute présence. Et forcément, à notre propre passage dans le temps.
Je crois que ce qui m’intéresse dans les musées d’histoire naturelle, c’est cette rencontre entre observation, mémoire et imagination. Ils documentent le réel, tout en ouvrant un espace de projection.






































